« Je suis persuadé que les personnes handicapées qui pratiquent une activité sportive réussissent plus facilement leur insertion sociale »., affirme avec conviction Hubert Vautier, conseiller technique au Mozambique pour un projet d’intégration par le sport mené par Handicap International.

Ne pas s’arrêter à la performance. « L’avantage du sport par rapport à d’autres activités, c’est qu’il permet à chacun des se réapproprier son corps et donc de gagner en autonomie », ajoute Hubert Vautier. Autonomie, dépassement de soi, ouverture aux autres… même si les médias ont tendance à se focaliser sur les exploits que réalisent les athlètes handicapés dans les compétitions internationales. Le sport, en tant qu’activité de loisir, apporte aussi un sentiment de bien-être physique et psychique et un réel regain de confiance en soi. Surtout, le simple plaisir du jeu n’est pas réservé aux personnes valides. Comme le fait remarqué Hervé Bernard, responsable Insertion, « il ne faut pas s’arrêter à la performance. Le sport élitiste est surtout une vitrine. Nous envisageons le sport dans le processus global de construction de l’individu et de sa relation aux autres ».

Rompre l’isolement. Ce processus peut d’ailleurs être gradué en trois étapes. Les activités physiques et sportives offrent d’abord à l’individu un moyen ludique de rééducation thérapeutique. Pratiquer le sport avec des personnes ayant le même handicap permet ensuite de rompre l’isolement et de prendre conscience de ses capacités. Enfin, personnes valides et personnes handicapées peuvent se rencontrer sur les terrains de sport, à condition que ces échanges soient favorisés. Un premier pas sociale à plus large échelle. « Lors de ma mission au Mozambique, raconte Hubert Vautier, j’ai remarqué comment les malentendants avaient tendances à se replier sur eux-mêmes. C’est par la pratique du sport que nous avons brisé cet isolement. »

Toucher le grand public Le sport, activité fédératrice, favorise donc la cohésion sociale. C’est pourquoi nous nous employons, chaque fois que cela est possible, à travailler sur les sports et les jeux les plus populaires dans la culture locale. Ainsi, dans trois districts du Bangladesh, nous avons constitué des équipes d’animateurs autour du cricket et d’autres jeux locaux et avons facilité l’acquisition d ‘équipements adaptés, pour que des adolescents handicapés puissent pratiquer ce sport en vogue dans leur pays. Ce type d’action permet dans un même mouvement de sensibiliser plus efficacement la population et d ‘accélérer la socialisation des personnes handicapées. Toucher le grand public, c’est aussi une nécessité : en France, nous organisons depuis huit ans deux événements autour du sport et du jeu qui visent à mêler les personnes handicapées et les personnes valides. Dans toute la France, de mars à juin, on peut, dans le cadre de l’opération l’ultimate (jet de frisbee) en équipe mixte, participer à des courses de fond, randonner. Et le « Vivathlon » fête sportive et solidaire, propose tout l’été une série d’activité ludiques de sensibilisation dans 150 villages de vacances. L’occasion de faire évoluer les mentalités et de reconnaître pleinement le droit au sport et aux loisirs pour tous. Extrait du journal « Vivre Debout » juillet 2006. Retrouvez toutes les actions de Handicap International sur : www.handicap-international.org