Sierra Leone
N'oublions pa la "Pays des amputés". Aujourd'hui, la Sierra Leone, pays d'Afrique de l'Ouest traumatisé par une longue guerre civile, ne suscite plus qu'indifférence. Et c'est avec difficulté que Handicap International y maintient son action, démarée il y a dix ans. Pourtant, les besoins restent immenses...
« je n’oublierai pas le cauchemar que j’ai vécu le jour où j’ ai perdu ma jambe gauche. J’avais 13 ans. J’ étais en classe quand des rebelles ont fait irruption dans l’école. J’ai été fait prisonnier. J’ai refusé de poser ma main sur la bûche…Alors, ils ont saisi ma jambe et lui ont donné deux coups de machette ». Des témoignages comme celui d’Amadou, il y en a des milliers. Quatre ans après la fin de la guerre, la Sierra Leone n’en finit pas de penser ses plaies. Les images effroyables des amputations, des viols, des tortures hantes les esprits. Tandis que la pauvreté et le manque de soins empêchent le retour à une vie normale.
2000 personnes mutilées. En 2006, qui pense a ce petit pays de 5,4 millions d’habitants ?. Qui se souvient de ce qu’il a subi entre 1991 et 2002 ?. Des 75000 morts et des 20000 personnes mutilées ?. La Sierra Leone fait partie des « dix sujets dont le monde n’entend pas assez parler », selon les Nations Unies. Car là-bas, la proportion d’enfants qui meurent avant l’âge de 5 ans est la plus forte de toute la planète. Là-bas, le taux de mortalité maternelle bat tous les records. Là-bas, l’espérance de vie est inférieure à 40 ans. Et le « pays des amputés », comme on l’avait surnommé, arrive en avant-dernière position dans le classement de l’indice de développement humain de l’ONU.
80% des infrastructures détruites. Certes, les médias ont relaté les atrocités ou le phénomène des enfants soldats… Un temps…Mais le monde est rapidement passé de l’apitoiement à l’indifférence. Présente dans le pays depuis 1996, Handicap International a, dès le début, ouvert des ateliers de prothèses, mis en place un programme de réadaptation physique et une prise en charge psychologique : pour faire face au traumatisme et apprendre à vivre avec son handicap. Peu après le retour de la paix, en 2002, les bailleurs de fonds internationaux ont commencé à se désengager, suivis par nombre d’ONG. Pourtant, ce pays ne peut s’en sortir seul. Ses infrastructures ont été détruites à 80% et son administration est désorganisée. Dans tout le pays, il n’y a qu’un psychiatre et trois kinésithérapeutes locaux. Aujourd’hui, faute de moyens, nous pourrions être contraints de réduire nos activités. Sans aide, la Sierra Leone se retrouve face à un risque réel : que l’aggravation de la situation actuelle ne réveille des tensions internes. (extraits Vivre debout, mai 2006) Si vous souhaitez nous aider, envoyez vos dons à Handicap International « Sierra Leone » 14 avenue Berthelot 69361 Lyon Cedex 07 – France.
Claude Handicap International Mulhouse
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lundi 8 mai 2006 à 14:48 | #7070
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